Si vous aussi vous êtes complètement perdus quand on vous parle de certifications de ventes physiques, digitales et streaming, voici une explication pour avoir les idées claires.

Début 2016, la Recording Industry Association of America (RIAA) et son homologue français, le Syndicat National de l’Edition Phonographique (SNEP), ont annoncé la prise en compte du streaming dans les certifications musicales décernées aux artistes et aux labels. Il s’agissait ici d’un changement majeur dans cette industrie musicale qui ne cesse de se renouveler. Nous sommes (très) loin du temps des 33 tours ou autres 45 tours que nos parents utilisaient.

Screenshot de l'Itunes Store lors de son lancement avec Eminem en tête des ventes

Screenshot de l’Itunes Store lors de son lancement avec Eminem en tête des ventes

Et pour cause, depuis le début des années 2000, la musique est entrée dans l’ère numérique, une transition qui s’est accélérée en deux étapes. D’abord avec le lancement du célèbre Ipod en 2001. Steve Jobs s’était promis de faire rentrer 500 morceaux dans votre poche. Chose faite. Deuxième date cruciale, le 28 avril 2003, lancement de l’Itunes Store, initialement appelé l’iTunes Music Store (iTMS). Ce service totalement innovant va permettre  à n’importe quel client d’acheter des morceaux de musique ou des albums entiers directement en ligne, et cela de façon légale. Notons que le lancement s’est fait dans un scepticisme général, gros bras de fer entre la firme à la pomme et l’industrie du disque. Vendre des morceaux à 0,99 dollar ? Difficilement acceptable pour les maisons de disques. Bref, 14 ans plus tard, le store a bien évolué et son utilisation s’est totalement généralisée. On dit souvent que Steve Jobs était un visionnaire parce qu’il avait prédit l’utilisation massive du smartphone, non, Steve Jobs est un visionnaire parce qu’il a changé notre façon de consommer et d’écouter la musique.

Après le Store d’Apple, le monde de la musique a connu un deuxième ennemi : Le streaming musical. Le français Deezer est l’un des précurseurs de ce nouveau modèle. Lancé en août 2007, il permet d’écouter de la musique gratuitement sur son ordinateur, à condition de se taper des publicités toutes les 15 minutes. Deux ans plus tard, Deezer vend la possibilité d’être épargné de ces annonces en proposant un abonnement payant à ses clients. Le modèle est novateur. À l’instar de Dailymotion (service français fondé en 2005, qui propose du streaming vidéo) qui s’est fait dépasser par le gros Youtube, le service Deezer se fera dépasser lui aussi par Spotify.

La transition est toute faite pour en revenir à notre explication. Alors que les certifications musicales sont déclinées selon différents seuils de vente (disque d’argent, or, platine, diamant) la RIAA et la SNEP prennent désormais en compte le nombre de lectures sur les sites de streaming pour les ajouter aux ventes physiques et digitales afin de décerner les certifications. En gros ça donne :

Ventes physiques + Ventes digitales + Lectures streaming = Certifications

Pour être encore plus précis, 1 500 lectures en streaming équivalent à un album vendu ou dix titres achetés.

Toutefois, les seuils pour les certifications n’ont pas changé. Il faut toujours 50 000 ventes pour un disque d’or, 100 000 pour un disque de platine et 500 000 ventes pour un disque de diamant. À noter qu’il s’agit ici des seuils pour la France, les attributions varient entre les pays, vous pouvez les consulter ci-dessous.

Certifications en France

Singles

  • Singles or : 75 000 exemplaires
  • Singles platine : 150 000 exemplaires
  • Singles diamant : 250 000 exemplaires

Albums

  • Albums or : 50 000 exemplaires
  • Albums platine : 100 000 exemplaires
  • Albums diamant : 500 000 exemplaires

Certifications aux USA

Singles

  • Singles or : 500 000 exemplaires
  • Singles platine : 1 000 000 exemplaires
  • Singles diamant : 10 000 000 exemplaires

Albums

  • Albums or : 500 000 exemplaires
  • Albums platine : 1 000 000 exemplaires
  • Albums diamant : 10 000 000 exemplaires

Si vous souhaitez vous faire mal à la tête, vous pouvez consulter davantage de détails sur le site de la SNEP.