On reproche souvent à la culture hip-hop actuelle de ne pas faire preuve d’unité. Pourtant, ça n’a pas toujours été le cas. Retour sur l’histoire commune de la danse et du rap français.

La culture hip-hop, c’est 5 éléments totalement différents : le rap, le beatbox, la danse, le graffiti et le djing. Ils sont tous unis par la même devise : « Peace, Unity, Love, and Having Fun ». Pourtant, aujourd’hui, on reproche souvent à ses acteurs de ne pas assez faire preuve d’unité entre les différentes disciplines.

Si la critique peut paraître légitime, c’est parce qu’il fût une époque où les deux allaient de paire. Il était même très courant que les MC’s soient également des danseurs, et réciproquement. C’est le cas par exemple de Kool Shen et Joey Starr, du groupe NTM, mais ils sont loin d’être les seuls.

Ces derniers, d’ailleurs, tournaient toujours pendant leurs concerts avec un groupe de danseurs : les O’Posse, qui performaient pendant qu’eux rappaient. Bien sûr, ils avaient aussi des moments bien à eux, comme on peut le voir dans cette vidéo du concert de 1998 des NTM au Zénith de Paris.

Mais la danse hip-hop n’était pas présente seulement dans les concerts. On pouvait aussi voir les meilleurs bboys dans les clips des rappeurs, et ça bien avant 1998. C’est d’ailleurs souvent en observant ces clips à la télé que les mouvements se transmettaient de ville en ville. On vous laisse le constater avec le clip de la chanson la plus connue du rappeur Benny B, « Mais vous êtes fous », sortie en 1990.

La pratique s’est faite plus rare dans les années 2000, mais ne s’est pas éteinte pour autant. Nombreux se souviennent du clip de Diam’s pour son morceau « La boulette », sorti en 2009. On peut y voir de nombreux enfants lâcher quelques mouv’ avec la rappeuse. Et vous voyez ce petit blond au jogging rouge ? C’est Lil Kev, qui est désormais l’un des danseurs les plus reconnus de France !

De nos jours, on voit de moins en moins de danseurs dans les clips ou même dans les concerts des rappeurs français, même s’il existe des exceptions. Nekfeu qui, comme NTM, tourne avec un groupe de danseurs, ou comme Kery James, qui en 2013 a invité le groupe Hey Crew dans son clip de « 94 c’est le Barça ».

De plus, avec l’essor du numérique qui a rendu la création et la diffusion de vidéos plus facile, plus rapide, et surtout moins chère, on a vu certains danseurs montrer leur talent sur du rap français. Bien que ce ne soit pas très courant, ce n’est pas impossible.

Par exemple, en 2014, Guillaume Lorentz, un danseur hip-hop reconnu après son passage dans l’émission « La meilleure danse », et membre du groupe Hey Crew cité plus haut, publie une vidéo sur Youtube où il met en mouvements les paroles de la chanson « Pleure en silence » de Kery James, lui rendant ainsi la pareille. Le rappeur fait d’ailleurs une apparition à la fin de la chorégraphie.

Mais les artistes »old school » ne sont pas les seuls à voir leur chansons interprétées par des danseurs, et cette année, SCH a été mis par deux fois à l’honneur par un danseur nommé Waydi. Après avoir impressionné tout le monde, pendant un battle où il était juge, sur le son « A7 », il revient avec une vidéo plus professionnelle sur le morceau « John Lennon ».

Enfin, on peut observer que de plus en plus de battles se font sur du rap français. Le 28 août 2016 avait lieu à Paris un des meilleurs battles de France, le Fusion Concept. On y a vu s’affronter les plus grands danseurs du monde, dont Criminalz vs Madtroopz sur… « Salside » de Booba !

Si vous aussi vous aimez cette connexion de choc, sachez qu’une battle « La danse au rap français », 100% danse hip hop et rap FR, aura lieu le 3 décembre à Paris. Plus d’infos ici.