A l’occasion de la sortie de son second album ToTi Nation II, TiTo Prince nous a accordé une longue entrevue passionnante.

Jeudi 8 décembre, c’est dans un café Parisien que TiTo Prince nous donne rendez-vous. Après avoir dévoilé l’an dernier son premier album ToTi Nation, qui figure incontestablement parmi les meilleurs projets Rap Français de l’année 2015, le rappeur est de retour avec la suite, ToTi Nation II. Avec ce projet, TiTo prouve une nouvelle fois que la persévérance et la patience sont les maîtres mots pour s’imposer dans ce monde de l’industrie musicale, lui qui est en totale indépendance.

Nous n’avons que trente petites minutes pour converser, ce qui paraît bien mince face à l’entrain et la pleine volonté que montre TiTo pour répondre à nos questions. Au programme, son nouvel album, son mouvement, ses influences, sa vision du Rap et la boxe.

Crédit : M.Manoir Paris Deazed

Crédit : M.Manoir Paris Deazed

Tu sors ton album ToTi Nation II dans 24 heures (9 décembre NDLR). Comment te sens-tu ? Stressé, confiant ?

Je suis confiant, très serein. Tant que j’ai pu terminer le travail que j’avais à faire, je suis content.

Est-ce que tu vois cet album comme une continuité du premier ou il y’a vraiment une évolution ?

Continuité dans le discours, mais musicalement à chaque projet j’amène une évolution. Je prends du temps entre chaque projet, j’étudie des morceaux, des techniques pour m’améliorer encore. Il y’en a qui me disent « Tu kick déjà bien », mais à chaque fois il faut travailler pour essayer d’être actuel.

Pour la production tu as fait appel à de nouveaux producteurs ?

Non justement il y a moins de producteurs. Je pensais faire l’album en plus de temps, mais on était tellement enfermé avec les beatmakers, on faisait tout au studio. Même si ils faisaient des beats chez eux on finissait sur place en rajoutant des musiciens. J’ai beaucoup travaillé avec Starzcomet, Zed-d et Mim, ce sont les trois avec qui je travaille le plus. Il y a quand même un nouveau, Trueman, sur le son « La Drogue ».

Côté sonorités tu as amené une petite vibe africaine, notamment « Love Song » et « Abba Père », qu’est-ce que tu penses de cette vibe portée par MHD notamment. Même Booba s’y est mis avec « DKR ».

Je suis Africain. Même avant que MHD le fasse j’avais fait un morceau dans mon EP en 2013, « Logos », où il y’avait des guitares africaines, du coup j’ai toujours eu ma façon d’apporter cette culture. C’est une bonne chose, on a grandi là dedans donc l’apporter dans la Métropole c’est bien.

ToTi Nation c’est pas seulement un titre d’album, c’est un mouvement, comment tu qualifierais ce mouvement ?

Je dirais que c’est un corps sans tête. C’est à dire que quand il y a une tête, c’est plus facile à dissoudre. Mais quand t’as un ennemi sans tête c’est compliqué, tu sais pas par où commencer. C’est un peu comme ça que je caractériserais le mouvement.

T’as fait une campagne avec ta cover d’album aussi, ça a bien marché ! (Les internautes pouvaient envoyer leur propre version de la cover ToTi Nation II NDLR)

Oui, il y a eu une énorme participation je pouvais pas tout partager. Mais je regarde toutes les photos que je reçois. Moi même ça me permet de voir le public. J’étais étonné parfois, il y avait des gens sur une montagne, 35 ou 40 ans, je pensais pas que ça allait aussi bien marcher. Les gens c’est aussi mon média.

Sur ToTi Nation II il y a un son marquant c’est « La Mort de la Trap » feat. Youssoupha. T’as dit que c’était pas le style musical que tu critiquais mais plutôt le message qui y est véhiculé, armes, drogues… Mais finalement ce message n’est-il pas similaire au Gangsta Rap ?

Ouais, si ça s’appelait le Gangsta Rap j’aurais fait « La Mort du Gangsta Rap ». Avant j’avais cette mentalité aussi, et justement ça m’a mal influencé. Mais aujourd’hui je n’avance plus avec ce message là, ni cette musique là. C’est pour ça que « La Mort de la Trap » pour moi, c’est la mort de ce message, pour ma vie à moi. Aujourd’hui tout le monde pense que pour percer il faut dire ces choses, dire que t’es allé en prison, dire que t’as fait ci t’as fait ça, glorifier cette vie là.

Ce que j’aime beaucoup chez toi c’est que tu arrives à être conscient sans faire la morale, à être sérieux et en même temps divertir, c’est un travail volontaire ça ?

Ouais pour moi c’est très important, j’aime pas trop qu’on me dise que je suis un rappeur conscient, car pour moi t’as l’image du rappeur qui fait uniquement la morale (rires). Je te fais pas de leçon, je suis juste là pour raconter ma vie, sans être moralisateur.

T’as eu une jeunesse plutôt agitée, t’en parles dans « Zaïko », t’as même été poignardé assez gravement. Penses-tu que sans cette jeunesse t’aurais pu rapper ?

Oui, mais j’aurais eu un impact moindre envers ceux qui vivent cette vie là. Pour influencer quelqu’un, il faut que ça lui parle et qu’on sente que c’est sincère. Et si je parle de la drogue et que j’ai jamais été dans cette vie là, on va sentir que c’est pas du vécu. Les détails tu les as quand tu as vécu le truc. Les mecs qui écoutent comme ça, ils se disent « Ok, lui il a les diplômes » (rires).

Après si je ne connais pas vraiment le domaine, je peux en parler mais je prends le temps de m’asseoir avec quelqu’un qui connaît. Comme pour « Discussion avec un Maçon ». J’ai jamais été Maçon, par contre, j’ai connu des gens qui vivaient cette vie là, et je me suis assis avec un ancien Maître de Loge Maçonnique pour compléter mes recherches, pour qu’il me dise si ce que je connais c’est du flanc… Du coup, c’est comme si je parle à sa place, c’est pour ça que dans le morceau je dis « Raconte leur ».

Tu regrettes cette jeunesse ?

Oui, surtout le mal que j’ai pu causer aux gens. C’est surtout ça que je regrette. Après les actes que j’ai pu faire, je les regrette oui et non, dans le sens où c’était des trucs inutiles qui m’ont fait perdre du temps, mais ça m’a également apporté un vécu.

Pour revenir à « Zaïko » je t’ai trouvé particulièrement technique, même si c’est un peu ta marque de fabrique. Pour toi la technique c’est toujours primordial dans le Rap même si ça se perd aujourd’hui ?

Ouais, sinon pour moi t’es chiant. Si t’as pas de technique écris un livre (rires). Si tu travailles pas l’art de la musique mais que tu aimes juste écrire, écris un livre, même audio ça existe aujourd’hui. Le Rap c’est un art, y’a des gens qui ont bossé, étudié pour apporter de nouvelles choses. C’est comme un joueur de foot qui arrive aujourd’hui qui s’en fout d’apporter de nouveaux gestes. Il y’a des joueurs, c’est des artistes, et ils veulent absolument apporter quelque chose, et tu verras, c’est eux qui marquent l’histoire.

Qui sont tes modèles en terme de technique ?

À l’ancienne, j’ai beaucoup aimé Scaramanga Shallah, un rappeur dans l’entourage du Wu-Tang pas très connu, il était hyper fort. J’ai beaucoup aimé Method Man & Redman, y’a des mecs très techniques aussi comme Twista, Busta Rhymes, Eminem, mais j’étais un vrai bousillé de Nas et Jay-Z. Kingdom Come, de Jay-Z, It Was Written, I Am…de Nas.

D’ailleurs je trouve que It Was Written est un des albums les mieux écrits. On parle souvent de Illmatic mais…

Ouais je suis d’accord avec toi, même si Nas est constant dans l’écriture, celui-là est au dessus.

Tu t’en es sortie grâce à la culture, la musique plus précisément. Tu penses que l’apport de la culture dans les quartiers est satisfaisant ou il y’a encore des progrès à faire ?

Il y’a beaucoup de progrès à faire. La musique, tu peux en faire quelque chose de bien ou mauvais. L’apport est bénéfique si la musique que tu fais les tire vers le haut. Si tu restes dans la médiocrité, et que tu inspires une fake réussite, ça ne va pas marcher. Réussir ce n’est pas forcément avoir de l’argent, c’est apporter du bien autour de toi. Donc il y’a du taf à faire.

J’aimerai maintenant te parler d’un morceau important de ta discographie : « Le Jour de ma Percée ». T’étais dans quel état d’esprit quand tu l’as écrit ?

Je me suis juste dit qu’avec les 17 morceaux de ToTi Nation, j’avais l’impression que le public n’allait pas comprendre. Il me fallait donc ce morceau, où je dis tout ce que j’avais envie. Même si j’avais beaucoup dit avant, là je suis encore plus dans les détails. Par exemple, quand je parle à ma carte bleue qui m’a affiché dans le magasin Adidas. Des trucs comme ça. Il fallait que j’aille encore plus dans la réalité, que je montre que ce n’est pas forcément mon message à moi, c’est le message à tous. Que tu sois mécanicien, informaticien ou pâtissier, tu peux faire du bien autour de toi en fonction des talents que t’as. C’était une manière d’impliquer tout le monde, pour ça qu’en concert tout le monde lève le poing. La vie de certaines personnes a changé à partir de ce morceau.

Tu vois, je racontais ça déjà dans une autre interview, mais j’ai pleins d’histoires, c’est pour te dire à quel point la musique a un impact. Je vais t’en raconter une pour ton public. Un mec qui s’appelle Loïc que j’ai croisé dans le TGV, il m’a dit « Je peux m’asseoir deuspi avec toi juste quelques instants il faut que je te raconte un truc », j’ai dit pas de souci. Il me raconte que ses parents sont morts dans un accident de voiture avec sa petite sœur. Il restait que son grand frère. Il a confié sa fille à son frère, qui lui vivait avec sa famille, et Loïc vivait dehors. Il avait plus rien. Mais dans son téléphone il avait mon album, et il a écouté « Le Jour de ma Percée », ça faisait 10 mois que ses parents étaient partis, et que lui dormait à droite à gauche. Il m’a dit que lorsque le morceau s’est terminé, il a changé d’attitude et s’est dit que la vie n’était pas finie. Que lui aussi allait accomplir un truc. Peut-être que j’ai plus galéré que lui, peut-être qu’il a galéré plus que moi, mais tu peux réussir quand même. Il m’a sorti son cahier des charges, il m’a dit qu’il était en train de créer son entreprise, qu’il avait deux boulots, qu’il dormait à l’hôtel entre ses deux tafs à Angers et Paris. Un grand gaillard comme moi, il s’est mis à pleurer. Qu’il me voit dans la vraie vie ça l’a boosté encore plus. J’ai pris son numéro pour voir comment il évolue, on reste en contact. C’est vraiment pour ça que je fais de la musique, pas pour les disques d’or. Je suis content d’avoir pris ma direction, parce que le chemin que j’ai en disant des vérités, tout ça, forcément c’est plus difficile de passer en radio. Mais les médias me sollicitent de plus en plus quand même. Pleins de gens me disent que des hits je pourrais les faire en cinq minutes, je dis « Oui je peux les faire en cinq minutes », mais…

Ça t’intéresses pas.

Ça m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse, c’est des mecs comme Loïc, ces gens de la ToTi Nation.

Ton Rap il est fait pour toucher les auditeurs, les faire avancer, est-ce que tu trouves que le Rap touche autant qu’avant ?

Non, moi je me suis vu dans le Rap grâce à des morceaux comme « Trouve moi un Job » de Afrodiziac. C’était juste un message réaliste, avant c’était « Trouve moi un job », aujourd’hui c’est « Trouve moi un calibre ». Donc forcément ça met la jeunesse dans une mauvaise mentalité. Les Ministère A.M.E.R., les IAM, NTM, il y avait des messages. Pourtant ça restait très divertissant, comme un bon film. Il y’avait une morale derrière.

Ce qui a changé aussi c’est que ce Rap là n’est plus mis en avant, mais il existe toujours.

Ouais maintenant ce qui est mis en avant c’est les trucs dansants, mais il y’a des gens qui veulent toujours entendre ce Rap là et vont le chercher eux-mêmes. Depuis mes débuts j’ai jamais attendu que les médias jouent mes sons, j’ai jamais fait mes sons en fonction d’eux. Mais par contre, il faut que je sois excellent dans ce que je fais, et après j’attirerai les gens, c’est ce qui est en train de se passer.

Tu es un rappeur indépendant aussi c’est important de le noter. Tu te verrais en major ?

Je l’ai été, mais je n’ai jamais sorti de disque. Si un jour je retourne en major, ça sera en associé. Moi ça me permet d’être libre dans le processus de création, et eux ils ont juste à le vendre. Mais même pour le vendre, il faut connaître le moteur de la voiture pour pouvoir la vendre tu vois ce que je veux dire ? Si les labels te vendent un faux moteur, ça va pas fonctionner. Les gens vont pas comprendre, il y aura un court-circuit. Pour moi, les maisons de disques c’est des injecteurs. Ils viennent, ils te rajoutent des pièces pour te propulser, mais si ils viennent pour fabriquer la voiture là… nan laissez-la et faites juste briller le truc. N’essayez pas d’être dans la création, c’est pas votre truc. Dès qu’ils voient qu’un produit peut se vendre, ils te sollicitent. C’est pour ça qu’aujourd’hui ils me sollicitent. Mais quand les maisons de disques sollicitent un artiste comme moi, en général c’est pour la crédibilité du label, pour montrer qu’ils font pas que de la daube, qu’il y’a de la qualité. Mais là le problème, c’est qu’ils mettent pas le paquet. Ils le mettent sur l’artiste commercial. Parfois les rappeurs signent sans savoir ça.

Mais là, petit à petit grâce à Dieu les choses se font. Ce matin je me suis levé j’étais dans le Journal L’Equipe. Finalement tu vois, tu prends ton temps et t’avances. Je suis fier d’avoir pris mon temps, et maintenant je connais l’industrie. Si je devais signer avec eux demain, ils faut qu’ils soient conscients de tout ça.

Ouais parfois les rappeurs signent et là c’est la mauvaise surprise…

Oui, ça arrive à plusieurs rappeurs. Moi ce qui m’a donné envie d’être indépendant c’est parce que j’avais signé en maison de disques. C’est la déception totale pour certains car ça ne se passe pas du tout comme prévu.

Tu parles souvent de tes mentors, il y’a eu Ol’Kainry et Disiz au début de ta carrière, maintenant Youssoupha. On peut dire que tu sais t’entourer !

Ouais (rires). Mais encore une fois, c’est le travail et la maîtrise de ce que tu fais qui attire les gens. Aujourd’hui si on est là, c’est parce que toi t’as une certaine rigueur dans ton taf qui permet qu’on se rencontre et que tu interviewes d’autres grands artistes. C’est ça qui attire les gens. Si tu frappes à la porte sans rien du tout c’est mort. Il faut déjà montrer, quand je frappe à la porte et qu’il ouvre, il sait déjà qui je suis, mon travail est arrivé à lui avant. C’est ce qui s’est passé avec Ol’Kainry, il m’a découvert avec mes sons qui tournaient dans le 91 puis m’a invité sur ses quatre albums, après l’avoir moi-même invité.

Disiz, il voyait que j’étais dans la musique mais que je voulais plus rien faire. Il m’a dit « Non t’as quelque chose tu peux pas renoncer comme ça ». Juste avant ma mixtape Avant d’exister. Même avant d’avoir fait ce projet je me disais que j’allais m’arrêter peut-être après. Mais j’ai vu qu’à sa sortie, la mixtape a été téléchargée 5000 fois en une semaine. Je me suis dit « 5000 personnes qui m’écoutent ? Je peux pas arrêter. » Mais je savais pas comment m’y remettre. Puis Disiz m’a invité à son Planète Rap, et c’est là qu’on a bien parlé. Je lui ai dit que ma mentalité avait changé avec ma foi et que je voulais plus rapper comme avant. Lui Musulman m’a dit qu’on devait plus voir mon côté Chrétien, que je devais dire tout ce que j’avais envie de dire. Il m’a dit qu’en croyant à mon truc je pouvais le rejoindre parmi les grands. Il m’a aidé pour de vrai. Un Prince dans un HLM, les gens le savent pas mais Disiz est vraiment impliqué dans la production. Il m’a appris aussi à me professionnaliser, à diriger, à être un leader. Un leader cherche à élever les gens.

Après il y’a Youssoupha, il me présente à un public plus large. Il m’ouvre des portes, les médias s’intéressent à moi… c’est pour ça que j’ai tant de reconnaissance envers ces gens là.

Du coup à quel moment tu t’es dit que tu pouvais vivre du Rap ?

Je me suis dit ça durant la période avec Ol’Kainry mais c’est vite parti. Parce que tu mets toutes tes finances, tu sors un projet gratuit donc tu as pas de retour. J’ai mis toute mon énergie, mes finances et mon temps, à un moment je voulais arrêter. Mais Disiz m’a permis de me booster pour continuer et un an après, j’arrivais à vivre du Rap.

L’actualité générale aussi c’est la politique. Tu penses quoi de tout ce bordel ?

Ma réponse c’est « 6 mai 2012 ».

Justement je voulais t’amener à ce morceau… c’est une histoire vraie ?

Oui totalement vraie. Même Youssoupha m’a dit « Mais comment tu fais ? Tu parles d’hôpital, t’as du vécu. Tu parles du Président, t’as une relation lointaine avec le Président. » Et c’est totalement vrai que le fils de Trierweiler était dans la classe de ma petite sœur. Ce n’est pas un morceau où je crache sur le président. C’est juste pour montrer l’influence que les hautes sphères ont sur nos vies. Le morceau « 6 mai 2012 », tout le monde pourrait l’écrire avec sa vie. Tout le monde pourrait donner son avis sur l’élection. Moi, je me suis juste remis dans la peau de celui que j’étais en 2012, en donnant mon point de vue sur la politique.

Crédit : M.Manoir Paris Deazed

Crédit : M.Manoir Paris Deazed

Tu es un grand fan de Lecrae, qu’est-ce que tu aimes particulièrement chez lui ? Tu te reconnais en sa foi avec dieu ?

Entre autres. Surtout, l’impact qu’il a envers les gens. C’est un peu comme ce que je fais ici. Il a choisi un chemin plus risqué, mais il est arrivé numéro 1 du Billboard, après plusieurs albums mais il a réussi quand même. Il a été invité chez Jimmy Fallon, nominé aux Grammy… Il a choisi un chemin plus risqué, plus humain avec les gens, dans son approche et dans son discours, mais il est quand même à côté des grands. C’est pourquoi il m’influence beaucoup.

Lui aussi a eu une enfance agitée, comme toi.

Ouais lui aussi il a baigné dans la drogue et tout ça, après il s’est jamais retrouvé à l’hôpital, mais il a galéré beaucoup. Justement, ça aussi ça m’a aidé à l’écouter, parce que la vie qu’il a vécu… je me dis qu’on peut quand même réussir. Voilà pourquoi c’est mon artiste préféré.

Pour finir on va parler de sport. Il se trouve que tu fais de la boxe anglaise, comme moi. Tu vois un parallèle entre la boxe et le rap ?

Les punchlines déjà (rires). J’aime le fait de donner une phrase par surprise, que le mec en revienne pas. Comme une frappe, le mec sait pas d’où c’est venu, d’où c’est parti, mais il le sent sur son corps. Aussi il y’a beaucoup de techniques dans la boxe anglaise. Par exemple dans ma manière de boxer, c’est un peu le style de Tyson. Puissant, rapide, tu essaies de ne pas prendre beaucoup de coups. C’est pour ça que même si j’ai fait sept ans de boxe, il y a rien sur mon visage (rires). Tyson c’est vraiment un exemple car il frappe fort et rapidement.

Ouais comme il était plus petit mais plus costaud, il devait trouver un autre style pour éviter le jab.

Ouais, moi aussi c’est un peu ça. Quand je boxais j’étais à 84kg, mais je suis pas très grand. Dans cette catégorie il y a des gens qui sont grands, donc j’étais obligé d’être rapide pour éviter le jab et de frapper fort. Il faut rentrer en rotation, bam bam, petite désax, tu rentres et tu fais un soin des côtes jusqu’à la tête (rires). La boxe j’aime beaucoup, je pense que j’aurais pu percer, mais tu sais ce que c’est, les entraînements, le matin t’es sur la piste, le soir t’es à la salle, et ça tous les jours. Régime alimentaire tous les jours… et vu que le rap ça avançait, j’ai mis de côté la boxe. Même aujourd’hui j’y vais plus, j’ai plus le temps. Et quand tu as atteint un certain niveau, toi qui fais de la boxe, tu sais que si tu reviens, tu dois d’abord aller vers ton sac, courir tout seul, parce que les gens que tu sabotais avant, il faut pas qu’ils prennent la confiance (rires).

Dernière question, qu’est-ce qu’on peut attendre de toi en 2017 ? Une tournée j’imagine ?

Une tournée, et si Dieu veut un autre projet pourquoi pas. Ça dépend comment les gens soutiennent celui là. Jusqu’à aujourd’hui ça c’est bien passé, donc ça se passera toujours bien. Je vais continuer dans tous les cas, après je peux pas garantir un projet. Mais dans tous les cas, en 2017 je vais commencer à travailler sur un prochain projet, il peut sortir dans l’année ou en 2018, mais je ne m’arrête pas.

ToTi Nation II est disponible à l’écoute ici et à l’achat ici.

Propos recueillis par Baptiste Beauquis