Sélection de nos 5 punchlines préférées de Nekfeu qui viennent fleurir l’album Cyborg.

Quand il s’agit de pondre des phases magistrales sur le papier, Nekfeu est un surdoué. La qualité de son écriture est aussi impressionnante que sa qualité technique. Les rimes du rappeur sont souvent très réalistes, bourrées de sens et époustouflantes. À l’écoute, on découvre souvent une punchline à laquelle on arrive à s’identifier, des mots prononcés par le rappeur auxquels on se retrouve dans notre propre histoire. Que ça soit pour les relations amoureuses difficiles, une vision particulière de la société ou même pour l’amour dingue qu’on témoigne à nos potes. Pour toutes ces raisons, nous avons décidé de vous sélectionner 5 de nos punchlines préférées de Cyborg, accompagnées des explications tirées du site Genius.

#1.

Non, j’ai pas fait l’ENA, ni Sciences Po’, j’ai pas fait HEC, j’ai pas besoin d’ça pour m’exprimer quand j’vois des pauvres sur la chaussée. – Humanoïde

Genius : Nekfeu évoque ici 3 grandes écoles, très sélectives et censées représenter l’élite de la nation. Il s’oppose ici à ces diplômés en montrant une toute autre approche de la vie. Pour ces diplômés en question, leur connaissance de la vie est essentiellement théorique. Quant à Nekfeu, ses études se limitent à son empirisme. Ce contraste est mis en relief à travers l’image des stades de France désignés ici par “les pauvres sur la chaussée.” Il cherche à nous montrer que les personnes accédant à l’ENA, Sciences Po’ ou HEC représentent une classe souvent privilégiée, mais cette classe est dans un microcosme souvent loin des couches populaires. Elle ignore ainsi tout de ce qui se passe pour une majorité de français et aspire pourtant à gouverner le pays en prétendant les représenter.

Cette punchline dans Humanoïde ramène tout droit sur le couplet de Nekfeu dans le son Couteau Noir de l’album Seine zoo du S-crew. Nekfeu parle ainsi de son parcours scolaire en répétant ainsi que l’être humain est capable de penser et se faire ses propres idées sans forcément devoir être forcé à penser tel un robot (cyborg) par les grandes écoles. “Parce que j’ai pas fais de FAC tu crois que j’vais pas être de taille, tranquille l’ami j’étais candidat libre quand j’ai passé le BAC.”

Nekfeu Cyborg

#2.

J‘me sens renoi, juif, blanc, rebeu et noi-chi, jamais je ne choisirai la couleur du emoji. – Réalité Augmentée

Genius : Apple a propose désormais à ses utilisateurs le choix dans la couleur de certains emojis, pour représenter la grande diversité des ethnies et des cultures représentées dans son catalogue de smileys. Avec cette phase, Nekfeu ne veut faire aucun choix, pour lui tout le monde est identique, peu importe sa couleur. Ainsi, pour lui la controverse que cela a créé était insipide, et n’avait pas lieu d’être.

“Une partie de ma mif’ est musulmane, mon cousin porte la kippa.” On remarque également que dans le freestyle Numéro 2 Un homme et un microphone, Nekfeu avait déjà affirmé la diversité de ses relations en rejetant le communautarisme et prônant le mélange culturel. De plus, le rappeur a grandi dans le 15ème arrondissement de Paris plus précisément vers Alésia qui est un quartier réputé pour sa mixité sociale et culturelle ainsi que dans le nord de Paris.

#3.

Moi j’écrivais mes textes en classe, le temps du cours j’inversais le cours du temps. – Nekketsu

Genius : Nekfeu a commencé très jeune à écrire des textes, ce qui lui a permis d’affiner son écriture et d’enrichir ses textes. Il trouvait un échappatoire à travers l’écriture, comme s’il était ailleurs lorsqu’il tenait sa plume. Il écrivait donc durant les cours, ses textes le passionant plus que les discours rébarbatifs des professeurs. Il nous montre d’ailleurs ses qualités d’écriture en jouant sur l’homophonie des deux parties de la phase : “Temps du cours” – “Cours du temps”.

“Les profs ? Ils voulaient réfréner mes ardeurs, mais j’préférais être rappeur et j’ai fait mes galons, eh”. Ici aussi Nekfeu dans le morceau Jungle urbaine de l’album Seine Zoo nous rappelle que son talent de rappeur existait déjà dès le plus jeune âge.

Nekfeu Nekketsu

#4.

Embrouille pleine de frivolité rue de Rivoli, une plaisante rivalité, jusqu’à c’qu’on arrive au lit. – Galatée

Sur le fond, Nekfeu s’adresse ici à une femme, sujet qui revient souvent dans la discographie du rappeur, sans qu’on puisse vraiment identifier l’identité de la principale concernée, ce qui force notre curiosité. Sur la forme, la phase est de très haut niveau sur l’aspect technique, Nekfeu s’amuse avec les mots : “frivolité” rime avec “rivalité”, “rue de Rivoli” s’entremêle avec “arrive au lit”. Du grand Nekfeu.

De plus, le morceau Galatée se rapproche très fortement de Suga écrite par Nekfeu en 2011. Un grand saut en arrière bien avant son explosion médiatique qui nous montre que le thème de l’amour et ses déceptions est un sujet primordial pour le Fennec. “Pourquoi s’aimer pour se déchirer ? Tu m’possédais, pour toi, saigner c’était se désirer.”

#5.

J’me défoule contre tes textes (sku sku), pendant qu’Hakim pilote l’Audi (sku sku sku)
T’as beaucoup trop de défaites, t’as cassé les prix, *Clap clap* : c’est le bruit de mon public qui m’applaudit. – Squa

Genius : Référence directe à ce qui est sûrement l’une des phases les plus connues des Rap Contenders lors du battle Nekfeu – Logik Konstantine : “J’gratte, j’gratte et la nuit, je me défoule contre tes textes CLAP CLAP : C’est le bruit de mes boules contre tes fesses !”