Voilà quatre ans que le monde retenait son souffle en guettant le retour de Frank Ocean depuis l’encensé Channel ORANGE. Une échéance qui arriva enfin à son terme le 19 août dernier avec un retour en deux étapes : d’abord ENDLESS, un album visuel sous forme d’un clip de 45 min puis deux jours plus tard Boys Don’t Cry Blonde, le fameux projet qui nous est promis depuis si longtemps. La qualité de l’album est-elle finalement à la hauteur des espoirs engendrées ? L’heure est au verdict.

Charline

Les quatre ans d’attente en valaient vraiment la peine, merci Franck d’avoir pris autant de temps pour au final, sortir un album de ce calibre. Honnêtement, je ne sais pas quoi dire mise à part que l’album entier est une véritable frappe. Tant au niveau des lyrics, qu’au niveau musical. C’est un bijou, un chef d’œuvre. Franck Ocean a pris d’énormes risques à vouloir mélanger différents styles (RnB, jazz, gospel…) mais c’est ce qui rend cet album si magique. L’intégralité de l’album suit un fil conducteur, tout s’enchaîne parfaitement. Il est rythmé par la longueur des chansons, tantôt courtes, tantôt longues. Il finit en beauté avec l’enchaînement de “Seigfried, Godspeed” et “Futura Free”. Blonde est selon moi l’album de l’année et probablement le meilleur de Frank Océan.

19/20


Lucas

Un album extrêmement attendu donc, après l’excellent Channel Orange de 2012. Un projet qui, je pensais, aurait du mal a se hisser à la hauteur des attentes qu’il a suscitées. Puis Blonde sort enfin, et après quelques écoutes, c’est un véritable coup de cœur. Des morceaux qui s’enchaînent parfaitement et qui forment un tout vraiment surprenant et rafraîchissant. Même si certains reprochent à l’artiste que les morceaux se ressemblent tous, je trouve que Frank Ocean a trouvé son univers et qu’il y reste simplement attaché. Les prods sont envoûtantes, sa voix l’est tout autant. Quant aux paroles, Ocean aborde des thèmes forts, les relations amoureuses, la drogue, la solitude. Des morceaux forts et émouvants, et des thématiques pouvant parler a tout le monde… Bref, un album qui m’a fait passer par toutes les émotions, qui m’a donné envie de ne rien faire si ce n’est m’allonger et profiter de cette oeuvre made in Frank Ocean.

18/20


Frank Ocean Blond Review 2HIF

Hannah

On y est. Après 4 ans d’attente, de faux espoirs, un court métrage musical – Endless – le tant attendu Blonde, deuxième album de Frank Ocean est disponible. Qu’en dire ?

17 titres. L’album est comme une caresse, doux, lancinant. La musicalité incroyable du projet, la richesse des sonorités et la beauté des textes sont à souligner plus particulièrement. Les influences plurielles qui font la force d’Ocean dégoulinent de chaque chanson, de Tyler The Creator en passant par Stevie Wonder et Elton John.

Frank nous fait vibrer avec ses textes poétiques, qui parlent d’amour, d’homosexualité, d’acceptation de soi, mais aussi de consumérisme et de drogue. Ces thèmes puissants, on les retrouvait déjà dans Channel Orange. Et c’est un peu le problème de l’album : Le manque d’originalité.

Si Frank Ocean a un univers unique, celui-ci ne se renouvelle pas sur Blonde. On notera aussi un manque de variété entre les morceaux, qui restent sur la même trame. Solide, mais aussi statique. (Avec néanmoins quelques bonnes surprises, comme sur “Nights” et son riff à la guitare assez improbable)

Un léger goût d’inachevé, notamment sur les featurings : Kendrick Lamar qui est crédité sur l’album ne fait que poser un « Blur » et un « Smoke Haze » sur Skyline.

Beyoncé sur “Pink + White” fredonne seulement : ils auraient pu apporter beaucoup à l’album, mais sont incroyablement sous exploités. Idem pour André 3000.

Enfin, la facette « hip-hop » du chanteur n’est pas aussi explorée que j’aurais pu l’espérer. On reste sur un R’n’b très joli mais qui demanderait parfois à être rehaussé d’un peu de rap.

Il s’agit tout de même d’un très bon album, et les attentes pour le projet étaient si hautes qu’on lui pardonne ses écueils. Et si vous avez aimé Channel Orange, sans doute que vous aimerez celui-ci.

15/20


Jérémie

Si nous nous devions de reconnaître l’un des nombreux talents de Frank Ocean, ce serait son art d’attiser les attentes au travers sa maîtrise du silence et de l’absence. C’est bien connu, Ceux qui en disent le plus en font le moins. Résultat ? Blonde est à mon sens une réussite. Sur la forme, le chanteur qui s’est fait connaître au travers du crew dégénéré Odd Future a pris le temps de nous concocter un opus soigné et délicieux, aussi bien d’un point de vue musical, lyricale qu’au niveau du timbre de sa voix.

Sur le fond, Blonde a tout pour suivre les traces de son prédécesseur. Quoique peut-être un peu trop justement. C’est là tout le paradoxe de cet opus duquel la principale qualité est à la fois pour moi sa déception. En effet, les thèmes abordés (toxicomanie, amour, homosexualité…) restent sur les acquis de son petit frère et s’ils avaient fait l’originalité de celui-ci, pour ce troisième album, forcement l’effet s’essouffle, même si son univers a forcément évolué et demeure plus développé qu’auparavant. C’est pour cela que malgré un certain manque d’originalité, je me suis laissé transporter par ses histoires toutes aussi poignantes les unes que les autres. Sur Blonde, Frank nous offre un voyage introspectif mettant en lumière son vrai visage et sa nouvelle maturité évidente, aussi bien humaine qu’artistique. Le bisexuel qui faisait son coming out dans Channel ORANGE est désormais un homme épanoui et assumé.

Au niveau des collaborations, on se rend vite compte que Christopher Breaux de son vrai nom, sait s’entourer. Beyoncé, Kendrick Lamar ou encore James Blake parmi tant d’autres. Pourtant, sur Blonde, c’est bel et bien lui qui reste le chef d’orchestre. Toutes ces collaborations ne sont que minimalistes, voire insuffisantes pour certains. Si Queen B et K-Dot ne se contentent que d’un léger fredonnement et de quelques gimmicks, je ne peux cacher mon plaisir de retrouver la voix d’Andre 3000, même s’il ne s’agit que le temps d’un interlude.

En définitive, si Blonde n’est pas parfait, il reste un très bon disque qui pour ma part, vaut ces quatre ans d’attente. Travail musical minutieux à l’appui, Frank aura su une nouvelle fois prouver qu’il dispose d’une vision artistique bien à lui. Un point sur lequel nombreux de ces contemporains devraient prendre pour exemple.

16/20


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Frank Ocean - Blonde
8.5sur 10
Charline9.5
Lucas9
Hannah7.5
Jérémie8.5
Avis des lecteurs 13 Avis
6.3