A l’occasion de son album Le Chant des sirènes, Orelsan a dévoilé le titre poignant “Suicide Social”, un condensé de haine à la charge de la société, parfois mal interprété.

2011. Orelsan est de retour et bouscule le rap français avec un morceau d’une profondeur titanesque. Dans un clip somptueusement réalisé par Mathieu Foucher, l’artiste déblatère pendant six minutes sur toutes les couches et groupes sociaux qui composent la société. Une déferlante complète allant du bobo parisien au zonard de cité en passant par les ouvriers et les patrons. Le rappeur n’exclut personne et dans une dernière envolée punchlinesque, il se tire une balle, lessivé de l’oppression de la société. Pourtant, six ans plus tard, les interprétations faites de “Suicide Social” sont souvent erronées, et voici pourquoi.

Se reconnaître par intermittence

Sous le vidéo-clip, les commentaires fulminent à l’encontre de la société et se veulent dans  les rangs de l’artiste. Cependant, “Suicide Social” n’est pas tant un défoulement de haine, mais plutôt une succession de clichés, plus ou moins bien choisi selon la classe sociale attaquée.

En fait, chaque individu doit être capable de se reconnaître dans l’un des vers cité par Orelsan, puisque celui-ci balaye, grosso-modo, l’intégralité des citoyens. C’est ainsi que, selon le point de vue de chacun, les avis vont diverger. On va être d’accord, ou non, avec ceux qu’ils visent. Par exemple, le bobo parisien verra son égo égratigné lorsque son tour viendra de passer au centre de l’attention. Par contre, il acquiescera au moment des petits pics envers les provinciaux.

Au final, Orelsan a parfaitement réussi son coup, puisqu’en en regroupant la quasi intégralité des clichés français, il s’est offert une étiquette de génie, chargeant froidement l’ensemble de la population. Evidemment, loin de là l’idée d’apporter une critique sèche à la chanson, le génie de l’artiste est bien présent, mais son objectif n’était pas tant de tirer à balle perdue sur chaque classe social, mais plutôt de viser les jambes et les points “faciles”. En fait, laissons-le s’exprimer :

« Suicide social, c’est vraiment une série de clichés. J’aurais pu faire durer la chanson 4 minutes de plus. Pour moi parler des gens en tant que groupes, en tant que classes sociales, en tant que couches, c’est de la connerie. Cette chanson elle est à prendre comme un exemple de ce qu’il ne faut pas faire. C’est marrant, parce que certains commentaires disent : « Il a tout compris sauf quand il parle de ci ou de ça ». Mais ce sont des clichés »